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CHEN Qigang (1951)

CHEN Qigang (1951)
Biographie créée en novembre 2011

Éléments biographiques

Compositeur chinois naturalisé français né le 8 août 1951 à Shanghai.

Qigang Chen grandit dans un milieu artistique et débute ses études musicales en Chine. Brimé par la révolution culturelle, il poursuit sa formation musicale par correspondance puis entre au Conservatoire de Pékin (1977-1983), où il étudie notamment la composition avec Luo Zhonghong. En 1984, à l’issue de son cursus, il obtient une bourse du gouvernement français et se forme auprès d’Olivier Messiaen. Il travaille également avec Ivo Malec, Betsy Jolas, Claude Ballif et participe aux stages de l’Ircam et de l’Académie Chigiana de Sienne. Qigang Chen est diplômé de l’École normale de musique de Paris ainsi que de l’Institut de musicologie de l’Université Paris-Sorbonne. Il a aussi été le directeur musical de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin en 2008. Ses œuvres, dont certaines sont des commandes d’État (Extase, 1995) et de Radio France, sont interprétées par des ensembles prestigieux (L’éloignement créé en 2004 par l’Orchestre philarmonique de Radio France). Son écriture synthétise les cultures chinoise et européenne, alliant la pensée chinoise et les concepts musicaux européens (Yuan, 1988), les instruments traditionnels chinois et l’instrumentarium occidental (Iris dévoilée, 2001 ; Un temps disparu, 2002). Citons encore son concerto pour piano Er Huang (2009) donné en création au Carnegie Hall de New York.

Ressources Cdmc

Qigang Chen naît à Shanghai en 1951 dans un milieu artistique, au sein d’une famille cultivée. Bercé par le son du erhu (violon traditionnel chinois) joué par son père et du piano classique dont jouait sa sœur, il étudie tout naturellement la musique dès son plus jeune âge. À 13 ans, il entre au Conservatoire central de musique de Pékin, apprend la clarinette, devient soliste d’un orchestre symphonique et commence à écrire des arrangements pour ses amis. Lorsqu’éclate la révolution culturelle chinoise, son père, alors administrateur de l’Académie des beaux-arts de Pékin, peintre et calligraphe célèbre, est immédiatement jugé « bourgeois », « antirévolutionnaire » et envoyé dans un camp de travail. Qigang Chen, quant à lui, est gardé au confinement durant trois ans et subit une rééducation idéologique dans un camp au sud de Pékin. Cependant, sa passion pour la musique demeure intacte et il continue d’apprendre l’écriture, l’orchestration et la composition par correspondance, en dépit de la pression sociale et de la politique anti-culturelle. Pour subvenir à ses besoins, de 1975 à 1978, il dirige et compose pour le Zhejiang Symphony Orchestra.
En 1977, le gouvernement chinois rétablit le système de concours d’entrée dans les écoles supérieures. Qigang Chen est alors l’un des vingt-six candidats, parmi deux mille, à réussir l’examen d’entrée du Conservatoire central de musique de Pékin. Durant cinq ans, de 1978 à 1983, il étudie la composition avec Luo Zhonghong. En 1983, il participe au concours national supérieur et termine premier à l’issue de treize examens. Il devient ainsi professeur assistant d’écriture musicale au Conservatoire central de Pékin ; s’ouvre alors à lui l’opportunité de partir à l’étranger et de poursuivre ses études de troisième cycle en composition. C’est ainsi qu’il découvre la France, où il réside depuis 1984.
Durant quatre ans, il étudie en cours privé auprès d’Olivier Messiaen (1984-1988) et travaille également avec Ivo Malec, Betsy Jolas, Claude Ballif et Claude Castérède. Le Souvenir (1985) exprime son sentiment personnel à son arrivée en France et illustre un traitement de la couleur harmonique avec superpositions de matériaux tels les modes de Messiaen et la gamme pentatonique. En 1986, il est lauréat du Concours international de composition Buffet Crampon avec Yi, une pièce pour clarinette et quatuor à cordes. Cette pièce, la première primée en France, s’appuie sur les techniques contemporaines européennes, notamment celles de Ligeti et se rapproche de l’esprit d’avant-garde occidental. En 1987, il suit le stage de composition de l’Ircam ainsi que celui de l’Académie Chigiana de Sienne avec Franco Donatoni. La même année, il compose Voyage d’un rêve, un sextet commandé par Radio France, dans lequel il prend certaines libertés d’écriture, utilise beaucoup la gamme pentatonique ainsi que la réitération d’un thème lyrique. Diplômé en composition de l’École normale de musique de Paris, à l’unanimité et avec les félicitations du jury en 1988, Qigang Chen remporte également le prix « Stipendienpries » du trente-quatrième festival d’été de Darmstadt et il est lauréat du vingt-septième concours international de composition symphonique de la ville de Trieste. Il obtient ensuite en 1989 le diplôme de musicologie de l’Université de Paris IV-Sorbonne avec la mention très bien et se voit décerner une bourse de la Fondation Nadia et Lili Boulanger.
À partir de 1990, il s’éloigne de l’univers musical parisien, s'imprègne de ses voyages à travers le monde et impose son style personnel. Déjà avec Yuan, une œuvre symphonique, commande de Radio France en 1988, signifiant « Origine », il propose une profonde réflexion sur une médiation entre les idées musicales de l’Occident et de l’Orient. Yuan marque ainsi un pas décisif vers un langage expressif et spontané. De même, réagissant aux évènements tragiques de Tiananmen, il compose Poème lyrique II, associant un poème chinois du XIème siècle, une voix traitée dans le style récitatif de l’opéra de Pékin et un ensemble orchestral occidental. La presse chinoise le désigne « Musicien de l’année » en 1990, il se voit décerner le prix Hervé Dugardin de la Sacem en 1991 et les commandes d’État s’enchaînent : Feu d’ombres pour saxophone et quatorze instruments (1990), Concerto pour flûte et orchestre (1991). Stagiaire à l’Ircam de 1991 à 1993, il compose Rêve d’un solitaire, qui est sa seule œuvre réalisée avec des outils électroniques et informatiques, le compositeur préférant les possibilités de la palette orchestrale.  
La renommée de Qigang Chen s’internationalise, il participe à des jurys de concours au Japon, à Taiwan. En 1995, une série de concerts « Portrait de Qigang Chen » est organisée par le Centre culturel international d’échange chinois à Pékin et à Shanghai, avec le concours de l’AFAA (association française d’action artistique), de la Sacem et de l’ambassade française. Suivent deux concertos : Extase pour hautbois et orchestre (1995) et Reflet d’un temps disparu pour violoncelle et orchestre (1996), dans lesquels Qigang Chen se base sur des mélodies préexistantes qu’il développe. Ces œuvres révèlent une forte identité culturelle marquée par un retour vers des matériaux musicaux et des styles traditionnels et lettrés de Chine.
Consultant artistique pour le festival Présences 1996 à Radio France, Qigang Chen crée San Xiao pour instruments traditionnels chinois, œuvre inspirée d’une pièce de théâtre traditionnelle. En 1997, il est compositeur en résidence et professeur au Centre Acanthes, puis président du jury du neuvième Concours international de composition de Besançon (1998) et membre du jury du Concours international de composition de Hong Kong (1999).
Dans ses compositions, Qigang Chen réussit l'alliance de la pensée chinoise et des concepts musicaux européens, l'union de deux cultures. Il fait souvent coexister des temps différents ainsi que des éléments de tradition et de modernité. Son sens des couleurs instrumentales et le réel lyrisme qu’il introduit dans ses œuvres retiennent l’attention du public et de la critique. Iris dévoilée (2001), suite concertante pour grand orchestre, trois voix de femmes et trois instruments traditionnels chinois inspirée du ballet épouses et concubines, mêle l’instrumentation et la couleur vocale des deux cultures à travers neuf parties exprimant l’insondable richesse et la plénitude de la diversité féminine.
Les créations et commandes s’enchaînent tout au long de sa carrière, en France, en Europe, en Asie et aux États-Unis. Ainsi, alors que Qigang Chen est directeur musical de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin en 2008, la création de sa pièce You and me, pour voix et piano, est suivie par des millions de téléspectateurs. L’année suivante, sur un autre continent, son concerto pour piano et orchestre Er Huang (2009) est créé au Carnegie Hall de New York par Lang Lang et le Juilliard Orchestra.
Sa carrière et ses compositions sont couronnées en 2010 par un Golden Records.

Les partitions de Qigang Chen sont éditées par :
        Billaudot ;
        Boosey & Hawkes.

 
 
1985
Le souvenir pour flûte et harpe
11 min
Création : 06/1986 – Jean-Marie Bauman, Sabine Chefson. France, Paris, église américaine
 
 
1986
Yi pour clarinette et quatuor à cordes
13 min 10 s
Création : 29/07/1986 – Alain Acabo, Ensemble de Deux Mondes. France, Issy-les-Moulineaux, Festival international de clarinette
 
 
1987
Contraste pour flûte seule
8 min
[Partition inédite]
 
Danse pour hautbois et piano
4 min 20 s
Pièce pédagogique
 
Voyage d’un rêve pour flûte, harpe, percussions et trio à cordes
18 min            
Création : 17/11/1987 – Ensemble Musique Vivante, direction Diego Masson. France, Paris, Maison de Radio France
 
 
1988
Yuan [Origines] pour grand orchestre symphonique
17 min       
Création : 05/07/1990 – Orchestre philharmonique de Radio France, direction Yves Prin. France, Paris, Maison de Radio France
 
 
1989
Lumières de Guang Ling pour ensemble instrumental
16 min
Création : 14/11/1989 – Ensemble Denosjours, direction Jean-Luc Darbellay. France, Paris, Maison de Radio France
 
 
1990
Feu d’ombre pour saxophone et ensemble instrumental
16 min 30 s
Création : 01/02/1991 – Jean-Pierre Baraglioli, Ensemble 2e2m, direction Paul Méfano. Festival Future Musique
 
Poème lyrique pour baryton et ensemble instrumental
14 min
Création : 07/07/1990 – Ensemble 2e2m, direction Paul Méfano. France, Aix-en-Provence
 
 
1991
Poème lyrique II pour baryton et ensemble instrumental
12 min
Création : 02/04/1991 – Kelong Shi, Nieuw Ensemble, direction Ed Spanjaard. Pays-Bas, Amsterdam
 
 
1992   
Hui Shengpour orgue
12 min
Création : 12/09/1993 – Jesus Martin-Moro. France, Saint-Rémy-de-Provence
 
 
1993
Un pétale de lumière, hommage à Olivier Messiaen pour flûtes et orchestre
16 min
Création : 15/02/1994 – Pierre-Yves Artaud, Orchestre de Bretagne, direction Claude Schnitzler. France, Rennes, Opéra
 
Rêve d’un solitaire pour ensemble instrumental ou orchestre et électronique
22 min
Création : 28/04/1993 – Ensemble intercontemporain, direction Mark Foster. France, Paris, Centre Georges Pompidou
 
 
1995
Extase pour hautbois et orchestre
17 min
Création : 11/10/1995 – Rodrigo Blumenstock, Deutsche Kammerphilharmonie, direction Thomas Hengelbrock. Allemagne, Brême
 
San Xiao pour 4 instruments traditionnels chinois
11 min
Création : 11/02/1996 - Ensemble Hua Xia, direction Tsung Yeh. France, Paris, Maison de Radio France, festival Présences
[Partition inédite]
 
 
1996   
Concerto pour un instrument de silence pour guqin et 11 musiciens
[Partition inédite]
 
Énergie contemplative pour 3 flûtes
4 min
[Partition inédite]
 
Énergie spirale pour hautbois et percussion
5 min
Création : 12/11/1996 – Jean-Louis Capezzali. Japon, Tokyo, Link Ongakudo Festival
 
Reflet d’un temps disparu pour violoncelle et orchestre
28 min
Création : 23/04/1998 – Yo-Yo Ma, Orchestre national de France, direction Charles Dutoit. France, Paris, Théâtre des Champs-Élysées
 
 
1997
Extase II pour hautbois et ensemble instrumental
17 min
Création : 11/07/1997 – Ernest Rombout, Nieuw Ensemble, direction Ed Spanjaard. France, Avignon, Festival Acanthes
 
 
1999
Wu Xing pour grand orchestre symphonique
11 min
Création : 21/05/1999 – Orchestre national de France, direction Didier Benetti. France, Paris, Maison de Radio France
 
 
2000        
Instants d’un opéra de Pékinpour piano, rév. 2004
9 min
Création : 08/12/2000. France, Paris, Cité de la musique
 
Raise the Red Lantern [Épouses et concubines], ballet pour orchestre et instruments traditionnels chinois
1 h 30
Création : 02/05/2001 – Ballet et orchestre du ballet national de Chine, direction Zhang Yi. Chine, Pékin, Théâtre Tianqiao
 
 
2001
Iris dévoilée, suite concertante pour 3 voix de femmes, 3 instruments traditionnels chinois et orchestre
45 min
Création : 06/02/2002 – Ensemble Tian Yin, Orchestre national de France, direction Muhai Tang. France, Paris, Maison de Radio France, festival Présences
 
La nuit profonde pour jinghu, jingerhu et orchestre
5 min
D'après une mélodie de l'opéra de Pékin
Création : 27/05/2001 – Orchestre national de France, direction Yongyan Hu. France, Paris, Théâtre des Champs-Elysées
 
 
2002
Un temps disparu pour erhu et grand orchestre
25 min
Création : 20/10/2002 – Xianghua Ma, Orchestre philharmonique de Chine, direction Muhai Tang. Chine, Pékin, Beijing Music Festival
 
 
2003
L’éloignement pour orchestre à cordes, rév. 2004
15 min
Création [première version] : 06/11/2003 – Orchestre de chambre de Stuttgart. Chine, Shanghai, Festival international des arts
Création [seconde version] : 09/05/2004 – Orchestre Philharmonique de Radio France, direction Daniel Kawka. France, Paris, Maison de Radio France
 
 
2004
Enchantements oubliés pour orchestre à cordes, percussions, piano, célesta et harpe
17 min
Création : 11/01/2008 – Orchestre philharmonique de Radio France, direction Alain Gilbert. France, Paris, Salle Pleyel
 
 
2005
Invisible voices pour 6 voix mixtes et grand orchestre
20 min
Création : 22/10/2005 – Stuttgart Neue Vocalsolisten, Orchestre symphonique de la radio de Stuttgart, direction Roger Norrington. Allemagne, Stuttgart
 
Songe d’une femme française pour clarinette, soprano et orchestre
30 min
Poèmes de Christine Frémaux
Création : 23/06/2005 – Paul Meyer, Sumi Jo, Orchestre philharmonique de Strasbourg. France, Strasbourg, Palais de la Musique et des Congrès
 
 
2008
You and Me pour 1 ou 2 voix et piano
4 min
Création : 08/08/2008 – Sarah Brightman, Liu Huan. Chine, Pékin, cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques
 
 
2009
Er Huang pour piano et orchestre
16 min
Création : 28/10/2009 – Lang Lang, Juilliard Orchestra, direction Michael Tilson Thomas. États-Unis, New York, Carnegie Hall
 
 
2010
Under the Hawthorn tree, musique de film
Film de Zhang Yimou
1 h 50 min
 
Theme song of film Under the Hawthorn tree pour voix d’homme
3 min
 
 
2011
Mother and childhood pour voix d’homme
5 min
Création : 01/01/2011 – Chang Shilei. Chine, Putuo

 

Éléments bibliographiques

DONIN Nicolas. Compositeurs chinois en Europe : entretiens avec Chen Qigang et Wen De-Qing. Circuit, 2002, vol. 12, no 3, p. 9-33.

LIEN Hsieng-Sheng. Le parcours musical de Qigang Chen au regard des musiques contemporaines chinoise et japonaise. Musique et musicologie du XXe siècle. Paris : Université de La Sorbonne, 2005, 478 p.

LEROUX Serge. Reflets d’un temps disparu [Images animées] : un voyage dans la musique de Qigang Chen. Paris : Hibou Production, 2003.