
Compositeur italien né le 1er janvier 1953 à Albano Laziale.
Giorgio Battistelli étudie le piano, l’histoire de la musique et la composition au Conservatoire de L’Aquila, en Italie. En 1975, à Cologne, il suit les séminaires de composition de Karlheinz Stockhausen et Mauricio Kagel. En 1978 et 1979, à Paris, Gaston Sylvestre et Jean-Pierre Drouet l’initient à la technique et à l’interprétation du théâtre musical, genre qu’il approfondit ensuite avec Sylvano Bussotti. Cofondateur à Rome du groupe d'improvisation « Edgard Varèse » et de l'ensemble instrumental « Beat '72 », il s’investit également dans la direction artistique, notamment auprès de l’Orchestra della Toscana, de l’Accademia Filarmonica Romana ou encore de la Biennale de Venise. Les œuvres de Giorgio Battistelli, toutes empreintes de symbolisme et de théâtralité, se déclinent en opéra, monodrame, ballet, concert scénique et théâtre musical, incarnant les textes d’auteurs tels Homère, Goethe, Schiller, Pierre Louÿs, Antonin Artaud, Pier Paolo Pasolini ou Federico Fellini. Giorgio Battistelli réinvente l’œuvre vocale et scénique par des recherches formelles ainsi qu’une approche expérimentale et un goût marqué pour la provocation. Ses compositions sont créées et reprises à travers l'Europe (Italie, France, Royaume Uni, Allemagne) mais aussi aux États-Unis et concourent ainsi à sa renommée internationale. Citons Experimentum Mundi (1981), Jules Verne (1987), Le combat d’Hector et d’Achille (1989), Prova d’orchestra (1995), Richard III (2004), Divorce à l’italienne (2008), Il killer di parole (2010).
Giorgio Battistelli est né à Albano Laziale dans la province de Rome en 1953. Il étudie, au Conservatoire Alfredo Casella de L’Aquila, le piano avec Antonello Neri, l’histoire de la musique avec Claudio Annibaldi et la composition auprès de Giancarlo Bizzi. À Cologne, en 1975, il assiste aux séminaires de composition de Karlheinz Stockhausen et Mauricio Kagel. De 1978 à 1979, à Paris, Gaston Sylvestre et Jean-Pierre Drouet l’initient à la technique et à l’interprétation du théâtre musical. Cette rencontre marque le point de départ d’une inclination croissante pour la dramaturgie musicale. Giorgio Battistelli affirme cette prédilection en devenant l’élève puis le collaborateur de Sylvano Bussotti.
En 1974, il cofonde avec quelques amis le groupe d’improvisation « Edgard Varèse » ainsi que l’ensemble instrumental « Beat ‘72 » à Rome. Impliqué dans les projets de développement culturel et artistique, il devient directeur artistique de nombreuses structures. Ainsi, de 1993 à 1996, succédant à Hans Werner Henze, il dirige l’Atelier d’art international de Montepulciano, puis l’Orchestra della Toscana (1996-2000 et 2011). De même l’Accademia Filarmonica Romana, la Società Aquilana dei Concerti, la Biennale de Venise (2004-2007 et 2009) ou encore les Arènes de Vérone (2006-2007) seront sous la direction artistique de Giorgio Battistelli.
Par ailleurs, il travaille au Centro Tempo Reale de Luciano Berio à Florence et au Centro di Sonologia Computazionale de l’Université de Padoue en collaboration avec Alvise Vidolin. Il enseigne également au Conservatoire de Pérouse et organise, en 2006, un cours sur le théâtre musical à Aldeburgh.
Dès les années 1980, Giorgio Battistelli se distingue parmi les compositeurs importants de sa génération. Il reçoit ainsi, en 1983, un prix des studios de la radio allemande de Baden-Baden, puis en 1991 le prix « Cervo per la Musica Nova » pour ses recherches sur le langage musical et l’année suivante le prix de la SIAE,Società Italiana degli Autori ed Editori, pour son opéra Keplers Traum. En France, il est nommé chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2003. Enfin, il est régulièrement invité en tant que compositeur en résidence, notamment à la Deutscher Akademischer Austauschdienst (1985-1986), à l’Opéra d’Anvers (2005-2006) et à l’Opéra de Düsseldorf (2007-2008).
Giorgio Battistelli compose des œuvres orchestrales ainsi que des opéras et des pièces de théâtre musical. Nombre de ses compositions, même purement instrumentales, portent des sous-titres révélateurs : « théâtre musical », « monodrame », « ballet » ou encore « concert scénique ». Le compositeur explore ainsi toute la dramaturgie du son instrumental, concevant ses œuvres pour un certain nombre de personnages incarnés au travers de motifs rythmiques et mélodiques, de sections orchestrales ou d’instruments traités en soliste. Ces personnages évoluent, se transforment, apparaissent, disparaissent, se croisent notamment au moyen de jeux sur les intensités sonores, d’une gestique instrumentale repensée et de l’utilisation de clusters. Il aime provoquer, bouleverser la conception traditionnel d'instrumentiste. Ainsi dans Experimentum Mundi (1981), opéra d’après L’encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et D’Alembert, il réunit seize artisans, accompagnés par quatre voix de femme, un récitant et des percussions et met en scène la rythmique quotidienne des sons produits dans l’artisanat. Les tonneliers, menuisiers, pâtissiers, maçons, forgerons, rémouleurs… deviennent ainsi percussionnistes et participent à la rythmique globale. En outre, quatre voix de femme commentent la scène, chantent, crient ou chuchotent des mots du Dictionnaire. Symphonie rythmique haletante, cette œuvre offre une mise en scène originale, un ballet d'artisans étrange et hypnotique qui ne manqua pas d'étonner lors de sa création au Teatro Olimpico de Rome en mai 1981. L’écriture vocale de Giorgio Battistelli, quant à elle, est éclectique, passant du chant mélodique aux phonèmes, des clusters aux mouvements chromatiques, des glissandi aux chuchotements, des bruitages au Sprechgesang.
Son approche du théâtre musical et de l’opéra est toujours expérimentale. Elle interroge le rapport entre la musique et le théâtre et s’appuie sur des auteurs tels Homère, Goethe, Schiller, Pierre Louÿs, Antonin Artaud, Pier Paolo Pasolini ou Federico Fellini. Giorgio Battistelli effectue également des recherches sur le plan formel, considérant que l’histoire du genre lyrique est celle de l’invention de la forme et non de l’invention du son. Citons parmi ses œuvres : Aphrodite, monodrame de coutumes anciennes (1983) ; Jules Verne (1987), œuvre créée par le Trio Le Cercle à Strasbourg lors du festival Musica ; Le Combat d’Hector et d’Achille (1989), également créée lors du festival Musica par le Duo Sylvestre ; le ballet Globe Theatre(1990) ; Teorema (1992), œuvre pour orchestre librement adaptée de Pier Paolo Pasolini et créée dans le cadre du Mai musical de Florence ; The Cenci (1997) créée à l’Almeida Opera de Londres ; le ballet Il fiore delle mille e una notte (1998) ; Impressions d’Afrique (1999), d’après les méditations surréalistes de Raymond Roussel à propos de l’Afrique ; Auf den Marmorklippen (2001), créée à l’Opernhaus de Mannheim ; The Embalmer (2002) ; Richard III (2004), drame musical créé à l’Opéra de Flandre en janvier 2005 ; le Combattimento di Tancredi e Clorinda d’après Claudio Monteverdi (2005) ; Lettera a Francis Bacon (2007) ; The Fashion (2008) ; Divorce à l’italienne (2008), œuvre créée à l’Opéra national de Lorraine ; Il killer di parole (2010), ludodrame créé à La Fenice de Venise.
Sauf mention contraire, les partitions de Giorgio Battistelli sont éditées par Ricordi.
BATTISTELLI Giorgio. A la reconquête de l'écoute. In : NICULESCU Margareta (dir.). La marionnette et les autres arts : musiques en mouvements. [S.l.] : Éditions Institut International de la Marionnette, 1993, p. 24-27. (Puck : la marionnette et les autres arts, no 6)