Organisé par la revue Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société, le Centre de documentation de la musique contemporaine, la Cité de la musique et les universités de Montpellier 3 (RIRRA21), Paris 8 (Esthétique, musicologie et créations musicales), Lille 3 (Centre d'étude des arts contemporains)
. les 9, 10, 11 octobre 2008 - Cdmc, Cité de la musique

Le monde a déjà connu par le passé l'expansion considérable de certaines cultures que l'on pourrait être tenté aujourd'hui de nommer « globalisation » : l'empire romain, l'installation arabe sur le pourtour méditerranéen au Moyen-Âge, la conquête de l'Amérique par les Espagnols… Le processus qui se fait jour actuellement sur la planète entière est-il du même ordre ou s'en distingue-t-il par des aspects particuliers ? Les modifications qui atteignent l'art depuis quelques années, semblent bien souvent un baromètre des progrès et des formes d'une globalisation dont personne n'est en mesure de prévoir l'issue. La marchandisation croissante du domaine artistique semble parfois justifier la prophétie de la mort de l'art, à moins qu'à cette posture ne soit préférée l'utopie d'un enrichissement de la diversité culturelle. Entre ces deux pôles d'inquiétude et d'espoir, les tendances ne cessent d'osciller. La globalisation ayant déjà largement balayé le territoire de la musique, il semble possible, à travers lui, de prendre la mesure de la réalité et d'analyser les modalités et les conséquences du phénomène qui entraîne aujourd'hui dans sa course tous les champs de l'activité humaine. À travers les interactions entre musique et globalisation, c'est donc notre temps que nous nous proposons d'interroger. Musiciens, musicologues, ethnomusicologues, philosophes, sociologues, économistes et anthropologues sont invités à entamer le débat.
Laure Marcel-Berlioz (Cdmc), Makis Solomos, Joëlle Caullier, Jean-Marc Chouvel, Jean-Paul Olive (revue Filigrane)
Quels sont les effets et fonctionnements de la concentration ? Que deviennent les usages ? Quels sont les impacts économiques sur la musique des nouvelles technologies de production, de reproduction, de diffusion ? Comment résistent les économies non marchandes de la culture ?
Ecoutez les communications de :
Philippe Bouquillion (université Paris 8), Jacob Mathews (sciences de l'information et de la communication, université Paris 8)
Gérôme Guibert (sociologue, université de Nantes)
Toni Geraci (musicologue, université de Pavie - conservatoire de Mantoue, Italie)
Etienne Bours (journaliste spécialisé et conseiller à la Médiathèque de la communauté française, Belgique)
Au coeur du processus de globalisation survient l'hybridation de plus en plus généralisée. Souvent imposée et sans rencontres véritables, elle peut aussi faire émerger des créations remarquables : au pillage d'héritages musicaux s'oppose la pratique de musiciens véritablement soucieux de véhiculer à travers leurs métissages non pas des images sonores réifiées, mais des pensées musicales authentiques.
Rencontre/discussion avec des compositeurs et autres acteurs de la musique contemporaine :
Marie-Hélène Bernard (compositrice, Paris)
Alexandros Markeas (compositeur, Paris)
Patrick Portella (compositeur, Marseille)
Benoît Thiebergien (directeur du festival des 38e Rugissants, Grenoble)
Yassen Vodenitcharov (compositeur, Paris)
Table ronde autour du dernier volume de Musiques. Une encyclopédie pour le XXe siècle, sous la direction de Jean-Jacques Nattiez, volume intitulé L'unité de la musique.
Critique par les membres de la revue Filigrane.
La globalisation actuelle est en relation étroite avec le colonialisme passé ou présent et les zones de post-colonie (telles que les banlieues des capitales des pays colonisateurs). On peut donc analyser le pentatonisme d'un Ravel autrement que comme un « exotisme » et discuter du contenu social des récentes musiques multiculturelles.
Ecoutez les communications de :
Christan Corre (musicologue, Université Paris 8)
Jean-Marie Jacono (musicologue, université de Provence)
Martin Stokes (musicologue, University of Oxford, Grande Bretagne)
François Picard (ethnomusicologue, université Paris 4)
François Picard (ethnomusicologue, université Paris 4)
La globalisation pose également la question du devenir des valeurs. Exemple : les frontières entre les musiques dites « savantes » et « populaires » interviennent de moins en moins dans les jugements. À partir de quels critères reconstruit-on son écoute dans un univers où il devient parfois difficile de distinguer le différent du même ? Par ailleurs, la circulation des musiques pose également la question de la circulation des valeurs. Comment celles-ci se transmettent-elles ? Quelles sont les valeurs qui mettent en avant une sensibilité donnée, liée à une culture précise ? Enfin, est-il exact que la globalisation fait naître des résistances locales qui permettent la survie des valeurs et qui en font naître d'autres ?
Ecoutez les communications de :
Fabien Lévy (compositeur, Columbia University, USA)
Jean-Charles François (compositeur-percussionniste, ex-directeur du Cefedem de Rhônes-Alpes) : Que deviennent les valeurs dans la liaison globalisante entre pratique, recherche et enseignement dans le domaine de la musique ?
Véronique Verdier (philosophe, université de Paris 1, université de Liège)
Gianfranco Vinay (musicologue, université Paris 8)
Bertrand Ricard (sociologue) : Le nécessaire recours à l'éthique pour l'esthétique des musiques populaires à l'ère de la globalisation
Bertrand Ricard (sociologue) : Le nécessaire recours à l'éthique pour l'esthétique des musiques populaires à l'ère de la globalisation
Lors de sa 33e Conférence générale, l'Unesco adoptait une Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Parmi les multiples questions que pose la sauvegarde des musiques traditionnelles, on s'interrogera notamment sur la stratégie développée dans certains pays en vue de l'institutionnalisation de leurs musiques savantes, une question qui soulève également la problématique de la construction d'identités.
Marie-Hélène Serra (Cité de la musique)
Luc Charles-Dominique (ethnomusicologue, université de Nice-Sophia Antipolis)
Emmanuelle Olivier (ethnomusicologue, CNRS/EHESS) : “Esthétiques perdues” ou productions contemporaines ? Sauvegarde vs avant-garde des “musiques traditionnelles”
George Kokkonis (musicologue, université d'Arta, Grèce) : Les collections des chants populaires et la création musicale savante en Grèce : découverte ou invention ?
Rosalia Martinez (ethnomusicologue, université Paris 8)
La musique constitue un phénomène universel, même si, dans certaines cultures, nous n'avons pas d'équivalent au mot « musique ». Dans quelle mesure le « global » de la globalisation se distingue-t-il de l'uniforme, pour recouper ce type d'universalité qui permet, à travers l'art, l'échange d'expériences humaines ?
Ecoutez les communications de :
Christophe Pirenne (musicologue, université de Liège, université de Louvain-la-Neuve, Belgique)
Christian Béthune (philosophe, Clermont-Ferrand)
Amparo Lasén (sociologue, Universidad Complutense de Madrid) : Global Techno : dynamiques globalisantes et désir de globalité dans les musiques de danse électroniques
Zad Moultaka (compositeur, Paris)
Comité scientifique
Joëlle Caullier, Jean-Marc Chouvel, Jean-Paul Olive, Makis Solomos (revue Filigrane), Miguel Benassayag (philosophe), Simon Frith (Edinburgh University).
Renseignements pratiques
Entrée libre, réservation obligatoire :
Tel : 01 47 15 49 86 pour les 9 & 10 octobre au Cdmc
Tel : 01 44 84 44 84 pour le 11 octobre à la Cité de la musique
Centre de documentation de la musique contemporaine, Salle Olivier Messiaen
16 place de la Fontaine aux Lions,
75019 Paris.
Cité de la musique, Salle des Colloques
221 avenue Jean Jaurès,
75019 Paris
Métro Porte de Pantin
Renseignements complémentaires : www.revue-filigrane.org
Universités-Centres De Recherche :
Université Montpellier 3 (RIRRA21)
Université Paris 8 (Esthétique, Musicologie Et Créations Musicales)
Université Lille 3 (Centre D’étude Des Arts Contemporains)
16 place de la Fontaine aux Lions