Le collège de l'Itinéraire au Cdmc
Après une rencontre autour de Tristan Murail en décembre 2007, le Cdmc et L'Itinéraire s'associent pour poursuivre la réflexion sur l'ouverture esthétique qui s'est opérée au moment de la constitution de L'Itinéraire, dans les années 1970-1980, engendrant une tendance dite « spectrale » (Grisey, Murail), un intérêt pour l'hybridation, la saturation et la fusion sonore (Levinas, Tessier) et une pensée à la fois musicale et philosophique (Dufourt). Ces portraits de compositeurs réuniront grands témoins et spécialistes de cette histoire singulière.
Coordination du cycle Nicolas Darbon

Coordination, Jean-Yves Bosseur
Elève d'Olivier Messiaen, membre fondateur de l'Itinéraire, Roger Tessier est un compositeur qui conjugue avec bonheur les termes antinomiques de l'esthétique et de la vie : expériences pédagogiques et chef-d'oeuvres d'envergure, sonorités pures et parasites complexes, gestes ancestraux et greffons électro-acoustiques, cataclysmes énergétiques et plages méditatives, communication et solipsisme, poésie et humanisme… autant de facettes diamantaires que l'artisan du « son » contemporain a su polir et magnifier depuis un demi-siècle.
Pierre Albert Castanet
Laure Marcel-Berlioz, directrice du Cdmc
Jean-Loup Graton, directeur artistique de l'Itinéraire
Pierre Albert Castanet, compositeur et musicologue
Sophie Stevance, musicologue
Jean-Yves Bosseur, compositeur
Jean-Louis Vicart, directeur de la MPAA (Maison des pratiques artistiques amateurs)
Jacques Hue, peintre

Coordination, Yves Balmer
Cette journée rend hommage à l'un des pères de la musique « spectrale », près de dix ans après sa disparition – le 11 novembre 1998 – acteur éminent s'il en est de cette ouverture esthétique que tente d'interroger le Cycle La génération de l'Itinéraire. Franc-comtois, Gérard Grisey a fait ses études musicales en Allemagne, au réputé conservatoire de Trossingen, puis à Paris, où il rencontre Henri Dutilleux, Olivier Messiaen, Jean-Etienne Marie ; il subit l'influence musicale de György Ligeti et Karlheinz Stockhausen. Une tension héraclitéenne parcourt l'oeuvre sans cesse renouvelée de Gérard Grisey, musique-phénomène vivant où s'(in) harmonisent les contraires – dialogiques bruit / son, harmonicité / inharmonicité, degré de prévisibilité / imprévisibilité, consonance / dissonance, périodicité / apériodicité… Pensée du flux, directionnelle, processuelle, passant lentement d'un « état » à l'autre, qui lui est opposé, mais avec les plasticités qu'il faut, par exemple par l'utilisation de micro-intervalles. Musique vivante, « intérieure », incorporée même, dans la mesure où les modèles convoqués impliquent une plongée dans l'intimité du monde, qu'ils soient acoustiques, respiratoires, cardiaques… Lesquels nécessitent en retour le grossissement temporel de la simulation instrumentale. Grisey a perçu (et par feed-back, a construit) l'intelligence de son époque, où la complexité passe d'une définition de surface, telle la combinatoire sérielle, à une réalité concrète, un enchevêtrement de niveaux poético-perceptifs, réclamant une méthode d'analyse non positiviste : phénoménologique.
Laure Marcel-Berlioz, directrice du Cdmc
Jacqueline Muller, présidente de L'Itinéraire

Cette journée, qui se situe dans le cadre des initiatives du Cdmc et de l’Itinéraire, a pour objectif une rencontre qui se place davantage dans l’esprit d’une réflexion en marche que dans celui d’un bilan historique. C’est pourquoi, tout en consacrant le début d’après midi à des interventions de musicologues témoins des actes fondateurs de ce que l’on a appelé l’Ecole spectrale, le temps se poursuivra en mettant l’accent sur un dialogue avec de jeunes compositeurs et des collaborateurs informaticiens, compositeurs et librettistes de Michaël Levinas. Les échanges porteront autour d’œuvres récemment créées ou en cours d’écriture. Il apparaît que la création musicale ouvre aujourd’hui des perspectives « post spectrales » qui se situent bien au-delà d’un héritage et soulignent une mutation qui revendique l’exigence de la notation tout en assumant des acquis technologiques et acoustiques et en s’émancipant d’une conception trop historicisante du devenir musical.
Michaël Levinas
Né le 18 avril 1949, Michaël Levinas étudie au Conservatoire de Paris, dans les classes d’Olivier Messiaen et d’Yvonne Loriod; il mène aujourd’hui de front une brillante carrière de pianiste concertiste international et de professeur d'analyse au Conservatoire de Paris. Cette dimension pédagogique est primordiale, parce qu’elle permet la confrontation avec les jeunes générations d’élèves-compositeurs. Levinas lui-même a effectué des stages à Darmstadt ou au GRM, et a participé à l’aventure de l’ensemble l’Itinéraire, lieu d’échanges intenses et d’expérimentations interprètes/compositeurs. Bien qu’issue d’une tradition de la couleur et de la subtilité harmonique, son oeuvre est pour le moins théâtrale – au sens de merveilleux, de dramatique, et même de technologique – cherchant par l’hybridation ou l’impureté une « mise en scène » du son, interrogation matérielle sur l’autre, le corps, l’instrumentalité, l’amplification…
S’est-on d’ailleurs interrogé sur la nature (tactilement) philosophique du compositeur Michaël Levinas ? Pour preuve, lors des entretiens et des écrits, ce questionnement régulier, toujours rivé à la matérialité musicale: « Qu’est-ce que l’idée musicale ? », « Qu’est-ce que l’instrumental ? », « Qu'est-ce que la création d'une écriture musicale ? ». Cette journée tente de mettre en lumière le renouvellement du style levinassien à travers les oeuvres récentes. Pourront être abordées tour à tour des questions telles que la reformulation actuelle de la création; le problème du sens de l'histoire et de la notion d'école (de Paris, par exemple); la transmission de l'écrit, la textualité; l’imagination originaire du son; la relation aux modèles: Ligeti, Stockhausen, Messiaen; l'instrument et la métamorphose électronique; le travail polyphonique…
Nicolas Darbon, modérateur
Laure Marcel-Berlioz, directrice du Cdmc
Jean-Loup Graton, directeur artistique de l’Itinéraire
Juan Pablo Carreno, compositeur et musicologue colombien
Un opéra en cours d’écriture : musique et textualité avec les librettistes Valère Novarina, écrivain dramaturge et Emmanuel Moses, écrivain dramaturge, autour de l’opéra La métamorphose - commande de l’opéra de Lille.
Ecriture, polyphonie, rythme, notation : autour de Evanoui pour orchestre, créé le 6 mars 2009 à Radio France avec Adrian Boreda et Nicolas Mondon, compositeurs, Benoît Meudic, assistant informaticien à l’Ircam et Yacene Vodenitcharov, compositeur
Michaël Levinas Quatuor à cordes n°1
Nicolas Miribel, violon
Anne Mercier, violon
Emmanuel Haratyk, alto
Florian Lauridon, violoncelle

Hugues Dufourt est une des personnalités les plus marquantes de la génération européenne du second après-guerre. Sa démarche de philosophe et d'esthéticien, son acuité dans la recherche méticuleuse des phénomènes sonores et compositionnels, sa foi en l'histoire (systématique, théorique et technique de la philosophie, de la société, de la science et des arts), sans oublier son engagement socio-politique et institutionnel font de lui un homme de culture polymorphe et singulièrement riche.
Pierre Albert Castanet, « Un kaléidoscope fin de siècle », Histoire de la musique, Paris, Larousse, 1998, p. 1157.
Co-production Cdmc – L'Itinéraire
Laure Marcel-Berlioz, directrice du Cdmc
Jean-Loup Graton, directeur artistique de l’Itinéraire
Avec Hugues Dufourt, Martin Kaltenecker, Angelo Orcalli, Martin Laliberté, Daniel Kawka
Modérateur : Pierre Albert Castanet
Retrouvez les œuvres de ces compositeurs dans le catalogue du Cdmc.
16 place de la Fontaine aux Lions