Compositeur français né en 1954 à Metz.
Philippe Boivin étudie la musicologie à la Sorbonne, l’écriture au Conservatoire de Paris et la composition à l’École normale supérieure de Paris avec Max Deutsch. Il se forme par ailleurs aux nouvelles technologies, notamment à l’Ircam. Ses recherches le portent naturellement vers la composition musicale assistée par ordinateur et aboutissent en particulier à la création du logiciel Opus. Son catalogue se compose d’œuvres aux effectifs variés : du soliste à l’orchestre, avec une prédominance de formations de chambre. Philippe Boivin écrit de nombreuses œuvres pédagogiques et donne souvent à ses compositions une dimension théâtrale. Son intérêt pour l’enseignement l’amène à la direction du CFMI de l’Université de Provence. Citons parmi ses œuvres Photo de classe (1982), Concerto pour alto et orchestre (1986), Big bug pour six percussionnistes (1988), Concerto pour cuivres et percussions (1996), Star burst (2004).
Philippe Boivin est né à Metz en 1954. Après une licence de musicologie à la Sorbonne en 1975, il obtient son Certificat d'aptitude au professorat d'enseignement du second degré (CAPES) l'année suivante. Au Conservatoire de Paris, il suit les cours d'harmonie de la classe d'Alain Bernaud (1977-79), puis se forme à la composition à l’École normale supérieure de Paris (1979-1981) auprès de Max Deutsch. Il étudie et pratique également les nouvelles technologies. Il suit ainsi les cours d’André Riotte sur la formalisation des structures musicales à l’Université de Vincennes (1979) et approfondit la thématique « musique et mathématique » avec Iannis Xenakis (1980). L'année suivante, il participe au stage d’informatique pour compositeurs de l’Ircam puis, grâce à une bourse du ministère des Affaires étrangères, il part en Californie en 1982, au Center for Music Experiment de l'Université de San Diego. Il entreprend, dès 1983, des recherches personnelles sur la composition musicale assistée par ordinateur. Son travail aboutit à la conception du logiciel Opus.
De 1985 à 1988, il est producteur à Radio France et réalise des portraits de compositeurs ou d'interprètes contemporains, ainsi que des reportages, émissions à thèmes et retransmissions de concerts.
Sensibilisé aux questions de l’enseignement et de la transmission des savoirs, Philippe Boivin développe une forte activité pédagogique depuis 1990. Il multiplie notamment les conférences et résidences dans les conservatoires et universités. Il coordonne des stages sur la musique du XXe siècle. En 1994, il est professeur de culture musicale et de pratique collective dans le cadre du diplôme universitaire de pédagogie musicale à Dijon et au Cefedem d'Île-de-France. Il poursuit ses activités de 1999 à 2008 à la direction du Conservatoire de musique et de danse d'Ivry-sur-Seine. Directeur du Centre de formation des musiciens intervenants (CFMI) de l’Université de Provence, il partage ses activités entre cette fonction et la composition.
Les œuvres de Philippe Boivin sont écrites pour des effectifs variés, du soliste au grand orchestre, avec une prédominance de formations de chambre. Il utilise les instruments dans des registres lyriques, dramatiques, avec même une dimension théâtrale, comme en atteste Zab ou la passion selon Saint-Nectaire pour contrebasse ou les Six algorithmes (1999). Philippe Boivin est également attiré par la composition de pièces pédagogiques, cherchant en particulier le rapport entre compositeur et interprètes fondé sur une écoute mutuelle. Dans Photo de classe pour douze clarinettes, il obtient un réel engagement physique et psychologique des élèves, même débutants, en ayant recours à des propositions ou des moyens de notation non conventionnels (parcours non mesurés, tempi superposés, départs ou réponses à synchroniser sur un partenaire). Il va à contre-courant des "habitudes", confiant aux élèves n'ayant que quelques années d'instrument des motifs très rapides mais faciles d'exécution, tandis que l'élève "avancé" doit avant tout travailler dans le son. De même, dans Ouverture pour orchestre d’harmonie, il s'agit de favoriser un nouveau rapport entre compositeurs et interprètes en offrant à des musiciens amateurs la possibilité de vivre de l'intérieur une expérience de création musicale contemporaine. Ses travaux portent alors sur les nouvelles techniques instrumentales (sons multiphoniques aux bois, chant simultané aux cuivres, recherches de nouveaux timbres et modes d'attaques...). L'exploitation de ces matériaux dans le cadre d'un large effectif lui permet d'enrichir la palette sonore de l'orchestre d'harmonie tout en respectant son identité.
Dans son seul concerto pour un instrument et orchestre, le Concerto pour alto, il compose six parties ponctuées par de courtes cadences et enchaînées en un seul mouvement, caractérisé par un retour cyclique des mêmes modes de jeux, variés et développés progressivement (doubles cordes sur toute la tessiture, micro-intervalles, phrasé et coups d'archets spécifiques...) ; son écriture pour l'alto utilise ainsi toute la palette expressive de l'instrument. De même, dans Domino II pour violoncelle, il explore largement les possibilités polyphoniques de l'instrument : mouvements de tessitures associés à de subtiles évolutions de timbre, voix entrelacées dans une écriture en doubles cordes, polyrythmies enchâssées soulignées par des attaques percussives, polyphonies de timbres combinant différents modes d'excitation des cordes, mutations progressives de courts motifs mélodico-rythmiques scandés obstinément, fluctuations micro-tonales de textures animées de mouvements internes variés, dérives harmoniques révélées par de violents martèlements de triples cordes alternées.
Plusieurs prix lui sont décernés : en 1985, le Prix Sacem de la meilleure œuvre pédagogique, en 1988, le prix de composition Georges Enesco et en 2002, le prix de composition Pierre et Germaine Labole.
Citons encore, parmi ses œuvres, TéléCom j’éCout’ pour zarb et un instrument à anche (1980), la série Domino (1982 à 1995), Big bug pour six percussionnistes (1988, créé par les Percussions de Strasbourg), Concerto pour cuivres et percussions (créé en 1996 lors du festival Musica), Star burst pour instruments à vent (créé en 2004 au Carré-scène nationale de Château-Gontier par Le Concert impromptu), et Ce soir on improvise (2005).
Sauf mention contraire, les partitions de Philippe Boivin sont éditées par :
– Salabert ;
– Billaudot.
BOIVIN Philippe. Le compositeur à l'école. In : FRANCOIS Jean-Charles (dir.). L'avenir de l'enseignement spécialisé de la musique : actes des rencontres préparatoires aux journées d'études des 17, 18 et 19 avril 2000. Lyon : Cefedem : CNSM, 2000, p. 91-106. (Enseigner la musique, n° 4).