Trois journées-rencontres (direction François Nicolas) organisées par le Cdmc, la Cité de la musique et le Conservatoire de Paris
Au seuil du XXIe siècle, de quoi la musique est-elle / peut-elle être
/ doit-elle être contemporaine ?
De quels autres arts, de quelles autres disciplines de pensée ?
Comment le cours actuel des différentes formes de pensée peut-il
influer sur celui de la musique ?
De quoi la musique doit-elle être à l’écoute aujourd’hui dans ce qui s’annonce ici et ailleurs si elle veut se tenir à hauteur du nouveau temps qui, sourdement, se trame ?
En somme comment continuer d’œuvrer à « une musique dont l’esprit n’ait pas à rougir et qui fasse rougir l’esprit dominant » (Adorno) ?
I. Musique et architecture : De quel espace sensible la musique est-elle
contemporaine ?
. samedi 25 novembre 2006 - Cité de la musique, salle des colloques
II. Musique et politique : De quel monde la musique est-elle contemporaine
?
. samedi 13 janvier 2007 - Cdmc, salle O. Messiaen
III. Musique et littérature : De quelle prose la musique est-elle
contemporaine ?
. samedi 17 mars 2007 - Conservatoire de Paris, espace
Maurice Fleuret
*****
Musique et architecture
De quel espace sensible la musique est-elle contemporaine ?
. samedi 25 novembre 2006 - Cité de la musique,
salle des colloques
Rencontre organisée avec Philippe Boudon et le département de
philosophie de Lille 3
avec la participation de N. Albertsen, P. Boudon, S. Bridoux, G. Engrand, P.
Mariétan, C. de Portzampac, A. Sarfati
Par-delà les problèmes en matière d’architecture
des salles de musique ou de spatialisation musicale, musique et architecture
partagent-elles aujourd’hui quelques soucis ? Peuvent-elles faire dialoguer
leurs recherches spécifiques, leurs sensibilités propres, leurs
catégories ?
Architecturologie et musicologie peuvent-elles se frotter l’une à l’autre
? Échelle architecturale et tempo musical, parcours spatiaux et lignes
d’écoute, espace et temps rendus sensibles ont-ils quelque chose à voir, à se
dire dans les temps en cours ?
Concert à 20h : Steve Reich
Orchestre Philharmonique de Radio France - Synergy Vocals - Brad Lubman, direction
Cette journée sera précédée d’une rencontre
. le 24 novembre 2006 - Lille 3 : « Musique/architecture
: et la philosophie ? »
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Renseignements
Cdmc
16 place de la Fontaine aux Lions
75019 Paris
Tel : (+33) 01 47 15 49 86
Fax : (+33) 01 47 15 49 89
Courriel : cdmc@cdmc.asso.fr
Site : www.cdmc.asso.fr
Cité de la musique
221 avenue Jean Jaurès
75019 Paris
Site : www.cite-musique.fr
Conservatoire de Paris
209 avenue Jean Jaurès
75019 Paris
Site : www.cnsmdp.fr
M : Porte de Pantin
Le projet de recherche « Dramaturgie Musicale Contemporaine en Europe » est né au sein de l’équipe d’accueil « Esthétique, musicologie et créations musicales » du Département de Musique de l’Université de Paris 8 et il est financé par l’Agence Nationale de la Recherche. Ce projet se déploie à travers une série de quatre colloques consacrés à l’étude de la scène dramatique musicale d’aujourd’hui. Ainsi, après une « ouverture » en 2006 (à l’Institut National d’Histoire de l’Art) sur les différentes esthétiques qui se sont affirmées dans la pratique théâtrale entre les années 1960 et les années 1980, les éditions 2006, 2007 et 2008 se proposent d’aborder la question selon trois axes principaux : le rapport entre écriture musicale et scène théâtrale ; la parole (voix, texte, contenu) ; les lieux et les interprètes.
Le style, la conception harmonique, les processus compositionnels, l’écriture vocale, peuventils « dessiner » une scène dramatique ? Dans quelle mesure aujourd’hui est-il important de connaître les exigences de la scène théâtrale pour réussir une oeuvre destinée à une représentation ? Quelques hypothèses seront esquissées à partir de l’étude d’oeuvres du répertoire du XX siècle jusqu’à nos jours.
. jeudi 23 novembre 2006
Musique tonale, modale, atonale, dodécaphonique, sérielle,
aléatoire, répétitive, spectrale : la même
scène dramatique ?
. à 9h30 Présentation par Giordano
Ferrari
. à 9h45 Jean-François Trubert (Musicologue,
Nice)
Le tableau 5 du Mahagonny-Songspiel de Kurt Weill et Bertolt Brecht
: Gestus musical et mise en scène
. à 10h30 Jean-Paul Olive (Université de
Paris 8)
Interruption et continuité dans le Wozzeck de Berg. L’expression questionnée.
. à 11h15 Pause
. à 11h30 David Osmond-Smith (Sussex University)
Pensée vocale et pensée instrumentale dans le théâtre musical
du vingtième siècle: dialogue ou monologues parallèles?
. à 12h15 Angela
Ida De Benedictis (Musicologue, Bâle)
Série-personnages, ou les intervalles au service du drame :
Intolleranza 1960 de Nono et l’histoire d’une rencontre ratée.
. à 14h30 Max Noubel (CRAL EHESS, Paris),
«What do I say ? How do I say ?» What Next ? d’Elliott Carter
. à 15h15 Nicholas
Till (Sussex University)
Modernism, anti-humanism and the aporias of opera in the 20th
century
. à 16h Pause
. à 16h15 Table ronde : Gianfranco Vinay (Université Paris
8),
Gérard Pesson (compositeur) et les intervenants
de la journée.
Modérateur : Alain Poirier (Conservatoire National Supérieur
deParis).
. vendredi 24 novembre 2006
L’idée d’espace dans la musique et les nouvelles technologies
sont-elles des éléments originaux au service de l’écriture
dramatique ?
. à 9h30 Dörte
Schmidt (Hochschule für Musik and Darstellende Kunst Stuttgart)
Helmuth Lachenmann’s «Mädchen mit den Schwefelhölzern» and
the dramatugy of space
. à 10h15 Bruno Bossis (Université de
Rennes 2)
La technologie et le drame musical : dématérialisation
de
processus acoustiques ou retournement esthétique ?
. à 11h Pascal Decroupet (Université de
Nice)
Espaces externes, espaces internes : élargissements du
champ d’action et de conscience par l’utilisation de moyens électroacoustiques
dans « Votre Faust » et dans « Die Soldaten »
. à 11h45 Pause
. à 12h Discussion. Modérateur : Martin
Laliberté
Croisements et interactions avec les formes théâtrales :
théâtre instrumental, théâtre musical, musique pour
le théâtre, théâtre pour la musique.
. à 14h30 Bjorn Heile (Sussex University)
‘Music for Open Eyes: Mauricio Kagel’s «Instrumental Theatre»
. à 15h15 Minas I.
Alexiadis (Assistant Professor, University of Athens)
20th century operas based on Ancient Greek Drama
. à 16h Crista Mittelsteiner (Chercheur associé au
CNRS)
Théâtre e(s)t musique. Les partitions scéniques
de Christoph Marthaler
. à 16h45 Pause
. à 17h Table ronde avec Antoine Gindt (T&T)
et les intervenants de l’après-midi.
Modérateur : Evan Rothstein (Université de Paris 8).
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1/ - Table ronde du 23 novembre : G.
Vinay, G.
Pesson et les intervenants de la journée -
Modérateur : Alain Poirier - 56'14 (6,59 Mo) |
1/ - Table ronde du 23 novembre : G. Vinay, G.
Pesson et les intervenants de la journée - Modérateur
: Alain Poirier - 56'14 (52,85 Mo) |
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Journée du 12 octobre 2006 - Coorganisé par l'Itinéraire, le CDMC, le CRETM, sous la responsabilité de Danielle Cohen-Levinas Cette Journée se propose, sur un mode responsorial, de donner la parole à des compositeurs afin que chacun d'entre eux retrace ce que l'on pourrait appeler une généalogie esthétique à l'oeuvre dans leurs parcours, leurs préoccupations et leurs devenirs. Il s'agit d'établir une sorte de cartographie des sensibilités musicales contemporaines confrontés à une dimension historique dont les compositeurs exprimeraient eux-m∆mes les zones de convergences et de divergences. . 9h30-12h30 |
. 14-17h
Après-midi avec Frédéric Durieux, Jean-Luc Hervé,
Philippe Leroux
Répondant : Philippe Hurel
Présidence : Danielle Cohen-Levinas
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Cohen-Lévinas : présentation -
1'50 (0,21 Mo) |
1/ - D.
Cohen-Lévinas : présentation - 1'50 (1,72 Mo) |
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. le jeudi 6 octobre 2005 à 18h - Cdmc
Sur la nécessité (ou non) de publier des revues
de musique contemporaine aujourd’hui
Rencontre proposée par Jean-Marc Chouvel (Université de Reims)
et Nicolas Donin (Ircam-Centre Pompidou)
Pas de musique d’avant-garde sans revue ? De la Neue
Zeitschrift de Schumann à Musique en jeu en passant par La Revue Musicale
ou die reihe, les exemples ne manquent pas, qu’il s’agisse des organes
de diffusion d’une esthétique et d’un groupe déterminé,
ou de tribunes ouvertes à tous les vents d’une actualité.
Mais il faut croire que la musique contemporaine, en même temps qu’elle
prenait congé de l’idéologie avant-gardiste, a perdu précisément
de son « actualité » : en France du moins, on a pu voir disparaître
au cours des vingt-cinq dernières années une bonne partie des
revues consacrées à la musique contemporaine, sans que d’autres
prennent le relais.
Quelques signes de renouveau pourtant : depuis quelques années, de nombreuses
revues d’art et de théorie consacrent des numéros thématiques
à la musique contemporaine (Critique, les Cahiers de médiologie,
etc.) ; des revues en ligne apparaissent ; Musica Falsa, fondée en 1997,
s’inscrit dans la durée ; en 2005, un groupe de musicologues fonde
Filigrane et l’Ircam lance sa nouvelle revue (à la fois papier
et multimédia), L’inouï.
Quoi de neuf dans ces projets ? Quelles lignes éditoriales, quelle conception
de la contemporanéité musicale, quelle relation avec les expériences
passées ? Ce sont les questions qui seront posées aux acteurs
de cette histoire.
Première partie : Rétrospections
Introduction par Jean-Marc Chouvel et Nicolas Donin
Musique en jeu : entretien avec Jean-Pierre Derrien
Contrechamps : entretien avec Philippe Albéra
Deuxième partie : Que faire ?
Table-ronde animée par Gérard Gromer (France Culture)
:
Jean-Marc Chouvel pour Musimédiane
Gloria Collado pour Doce Notas et Doce Notas Preliminares (Madrid)
Nicolas Donin pour L’inouï, revue de l’Ircam
Bastien Gallet pour Musica Falsa
Jonathan Goldman pour Circuit. Musiques contemporaines (Montréal)
Makis Solomos pour Filigrane
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placées sous la direction de Pierre-Albert Castanet
. les 12, 13, 14 et 18 janvier 2005
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. Mercredi 12 janvier 2005 10h-13h -
Conservatoire de Paris, salle Ravel . Jeudi 13 janvier 2005 |
. Jeudi 13 janvier 2005 (suite)
. 14h30 - 18h - Cdmc, salle Messiaen
Giacinto Scelsi et les arts
14h30 - Accueil des participants
14h45 - Introduction par Marianne Lyon et Pierre-Albert Castanet
15h - Luciano Martinis : Scelsi et la peinture
15h30 - Nicola Cisternino : Giacinto Scelsi - Constantin Brancusi
: Vie parallèle
16h - Muriel Jaër : Entendre la danse avec Giacinto Scelsi
16h30 - pause
17h - Lecture de poèmes de G. Scelsi par Gwen Garnier-Duguy
Daniel Simon : La poésie de Giacinto Scelsi
17h30 - Sharon Kanach : Scelsi : Écritures
. à 18h30 - Cdmc, salle Messiaen
Concert Giacinto Scelsi
Ho pour voix solo - Armelle Orieux
Tre Pezzi pour saxophone ténor - Joël Versavaud
Preghiera per un ombra pour clarinette - Ivan Solano
Réveil Profond pour contrebasse - Yann Dubost
Sauh 1 & 2 pour deux voix - Armelle Orieux et Pascale Tardif
Manto pour alto solo - Lucia Peralta
. Vendredi 14 janvier 2005
. 10h - 13h - Cdmc, salle Messiaen
L’œuvre et la pensée de Giacinto Scelsi
10h - Harry Halbreich : L’œuvre orchestrale
10h30 - Jean-Paul Dessy : S(u)ono Scelsi, techniques de l’être
et du son dans l’écriture pour cordes
11h pause
11h30 - Christine Mennesson : Scelsi, le temps ou la respiration
du son
12h - Irène Assayag : Le son dans l’œuvre
de Scelsi
12h30 - Aurélie Allain : L’interaction du rite
et de la musique dans l’œuvres de Scelsi
. 14h30 - 17h - Cdmc, salle Messiaen
Impacts et résonances de Giacinto Scelsi
14h30 - Danielle Cohen Levinas : Fondement d'une
généalogie : Scelsi et l'esthétique de l'ensemble Itinéraire
15h - Thierry Alla : Scelsi, Murail/ondes croisées
15h30 : pause
16h - Pierre Michel : Textures et temps chez Scelsi et quelques
autres compositeurs des années 1960-1970
16h30 - Nicolas Darbon : Scelsi, Kurtag/régression -
expansion
. 17h30 Cdmc, salle Messiaen
Table ronde “ Scelsi aujourd’hui ”
avec Suzanne Giraud, Dominique Lemaître, Michaël Levinas,
Paul Méfano, Gerard Pape, J.N. von der Weid, F. Mallet, M. Texier
. Mardi 18 janvier 2005 à 20h30 - Cité Internationale
universitaire de Paris
Concert de l’ensemble l’Itinéraire : Giacinto Scelsi
Trio 1 pour violon, alto et violoncelle
Quatuor à cordes n°2 pour 2 violons, alto et violoncelle
Pranam II pour 2 flûtes, clarinette basse, cor, violon, alto,
violoncelle, contrebasse et clavier électronique,
Direction, Kanako Abe
Entrée libre aux Journées, dans la limite des
places disponibles
Masterclasses des 12 et 13 janvier : inscriptions des auditeurs libres
auprès de Catherine Robin, au 01 40 40 45 58
Concert l’Itinéraire du 18 janvier : réservations au 01
43 13 65 96 - Tarifs : 10 € ; Étudiants : 5 €
; Résidents de la Cité universitaire : 3 €
Avec la participation et le soutien du Conservatoire de Paris-CNSMDP ; direction : Alain Poirier et la collaboration de l'Itinéraire.
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. jeudi 18 novembre
à 18h - Cdmc Table ronde dirigée par Raphaël de Vivo (directeur du Gmem et du festival « Les Musiques - Marseille ») avec : Elisabeth Chojnacka (claveciniste), Sharon Kanach (musicologue), Nouritza Matossian (biographe de Iannis Xenakis), Marie-Noël Rio (dramaturge), Makis Solomos (musicologue). |
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. le 22 octobre 2004 à 9h30 - Forum des images Table ronde en prologue au Projet « Les noces de la musique et de l'image » organisées par le Centre de documentation de la musique contemporaine (Cdmc) en 2005-2006 dans le cadre des Rencontres Cinésong 2004 Quels outils de formation, création, et diffusion pour Le soutien aux formes émergentes? |
Modérateurs : Marianne Lyon, Cdmc, et Jean-Baptiste Barrière, compositeur et artiste multimédia
Avec la participation de : Antoine Cassan, responsable nouvelle technologie de la Région Ile-de-France, Thierry Coduys, directeur de La Kitchen, société de production et de développement multimédia, Agathe Ottavie, de Dédale, nouvelles formes artistiques et nouveaux médias, Pascale Criton, compositeur, directeur artistique du projet Objets parallèles, Ensemble 2e2m, Patrick Millet, professeur de musique à l'image du Conservatoire national supérieur de Lyon, Daniel Terrugi, compositeur, directeur de la recherche à l'INA, directeur du GRM.
"Jamais musiques et images n'ont entretenu tant de relations.
Cependant, les productions diffusées par les réseaux commerciaux
classiques (cinéma, télévision, vidéo, etc.) restent
très onventionnelles, peu créatives, notamment du point de vue
formel. S'il existe des oeuvres, elles sont difficilement accessibles: quand
elles sont diffusées, c'est principalement dans des festivals et des
lieux spécialisés.
Pourtant, les outils de création actuels, incluant la synthèse
et le traitement de l'image et du son, permettent l'émergence de nouvelles
écritures et formes artistiques. De l'installation au spectacle, de l'interactivité
à la virtualité en passant par la générativité,
la question du dépassement des formes du cinéma ou du concert,
se trouve constamment redéfinie par de nouveaux projets artistiques.
Au delà des utopies du Gesammkunstwerk ou de la recherche de synesthésies,
des démarches artistiques tentent d'assumer de manière responsables
ces interactions créatives, et oeuvrent pour l'émergence de nouvelles
formes artistiques.
Le Projet « Les noces de la musique et de l'image », à l'initiative
du Cdmc, à travers un prologue dans le cadre des Rencontres Cinésong
2004 au Forum de Images, et plusieurs stations à travers la France en
2005-2006, seront l'occasion d'en dresser un tableau et d'en examiner de manière
critique les enjeux artistiques, en particulier du point de vue musical. Cette
première table ronde étudiera les problématiques de la
création, de la formation à la diffusion. Le débat s'efforcera
de dégager les forces et faiblesses des structures et dispositifs actuels
et tentera de faire des propositions pour le futur."
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. le mardi 13 janvier 2004 de 9h30 à 18h - Ecole Normale
Supérieure (45 rue d'Ulm - Paris 5e)
sous la direction de Laurent Feneyrou
Si notre société n’a de cesse de diviser les langages esthétiques et politiques, l’art éclaire l’ensemble des rapports sociaux par un langage autre, une altérité qui est aussi garante de sa pertinence politique. Ou, comme l’écrivait Erwin Piscator : “L’effet de propagande politique est le plus convaincant là où la forme artistique atteint la perfection.” La musique y serait moins une critique sociale qu’une critique musicale du social, disant idéologiquement la banale traduction de l’une en l’autre. “ Non pas musique ou théâtre documentaire, poésie, enquête ; non pas enregistrement ou acquiescement technologique ; non pas reddition à la puissance ou à la routine des mass media, mais un journal-illumination. Aucune mimèsis, aucun reflet. Aucune arcadie industrielle. Aucun naturalisme populiste ou populaire. Seulement une idée-musique sémantiquement précise sur l’homme d’aujourd’hui dans le lieu de sa servitude-libération ; la négation de la négation fixée en une forme, dans l’engagement à dépasser toute partialité subjective ou objective, partialité aujourd’hui si dominante, et pas seulement dans la musique…”, écrivait Luigi Nono de sa Fabbrica illuminata. Alors la musique, mode possible de la pensée et du sujet politiques, signerait la fin de l’univocité du mode philosophique. Existe-t-il un lien entre art et ensemble des rapports de production ? Entre art et classe sociale ? Contenu révolutionnaire et qualité artistique coïncident-ils ? Face aux questionnements classiques de l’esthétique marxiste, surgit la nécessaire autonomie, nouvelle définition du politique, aux confins de son langage : dans quelle mesure l’œuvre est-elle être intrinsèquement politique ? Mais aussi dans quelle mesure le langage musical est-il distinct du politique ? Si celui-ci n’est pas intrinsèquement celui-là, celui-là n’est plus intrinsèquement homogène aux logiques du celui-ci. L’autonomie est simultanément l’acte fondateur et l’acte décisif de la multiplicité des langages en jeu. À l’heure où l’on va proclamant la fin des avant-gardes et de leurs idéaux de révolution permanente, sur le modèle du groupe en fusion, et où l’écoute régresse, sinon aliène volontiers, à l’heure où s’amoncellent les défiances à l’encontre du progrès historique, de la rationalité scientifique et de ses manifestations artistiques, sociales et politiques, où l’art se détourne de l’intellection et de la théorie à la faveur d’un spectacle pourtant refusé à nombre d’entre nous, et où la citation et la multiplicité des discours se font valeur suprême, affirmant les droits illusoirement subversifs d’une subjectivité murée dans son solipsisme, à l’heure enfin où sombrent les utopies et vacille l’universalisme, quel sens actif et réactif donner au lien musique / politique, à leur improbable synthèse, à leur indéfectible scission ?
Gianfranco Vinay (Université Paris
VIII) : “Topie audio-visuelle et société du spectacle”
La “topie”, catégorie opposée à l’utopie,
est devenue l’un des caractères marquants de la “société
du spectacle” contemporaine. À partir de l’analyse d’un
spectacle musical “hyper-topique” (El niño de John Adams),
notre intervention mettra en évidence les équivalences socio-économiques
entre quelques principes de l’“empire de l’écran”
et la société de consommation actuelle : la temporalité
du “présent permanent”, l’abolition de la “vision
sonore” et la “distance”.
Peter Szendy (Université Marc-Bloch,
Strasbourg) : “Da capo (révolution et répétition)”
À partir des propositions de Fellini (Prova d’orchestra) et de
Resnais (On connaît la chanson), il s’agira d’interroger le
problème de la répétition en musique : quelle est son œuvre
? De quelles forclusions a-t-elle fait l’objet (chez Schoenberg et quelques
autres) ? Quel est son lieu, entre la dimension prépolitique de la “
mélodie obsédante ” et celle, politique, des hymnes au sens
large ?
Esteban Buch (CRAL/EHESS, Paris) : “Lectures
politiques de la technique sérielle”
“La série, écrivait Arnold Schoenberg en 1947, n’a
aucun rapport avec la devise “Liberté, égalité, fraternité”,
ni avec le bolchévisme, le fascisme ou tout autre doctrine totalitaire.”
La forme négative de la déclaration rappelle que, à cette
date, nombreux sont ceux qui veulent entendre dans la technique sérielle
une dimension politique - une tendance qui se prolongera dans certaines discussions
suscitées par le sérialisme intégral. Cette communication
sera consacrée à poser quelques repères historiques de
cette idée, et à s’interroger sur ses présupposés
et ses conséquences.
Laurent Feneyrou (CNRS) : “Un cas de
censure musicale : Johann Faustus”
Peu avant la Seconde Guerre mondiale s’opposèrent deux conceptions
du réalisme. Selon Lukács, la totalité ininterrompue est
décisive si l’artiste recherche une représentation de la
réalité effective, enchevêtrée, mais close, cohérente
et objectiviste. Inversement, Eisler saisit la nécessaire discontinuité
révolutionnaire du réalisme, ses brisures et ses interpolations,
contre le thuriféraire fasciste du continuum. Cette tension entre les
deux réalismes se manifesta à nouveau dès l’après-guerre.
Face aux thèses de Jdanov, Walter Ulbricht menait en RDA une politique
où l’union de la classe ouvrière et des intellectuels était
recherchée à travers la lecture des classiques, et notamment celle
du Faust de Goethe. Johann Faustus de Hanns Eisler, dont l’interdiction
du livret en 1953 sera le thème de notre intervention, finalisera a contrario
les fondations culturelles de l’Allemagne de l’Est.
Nicolas Donin, musicologue : “Frontières
politiques de la musique contemporaine : l’école polonaise des
années soixante et sa réception française”
Stabilisée par des marques stylistiques originales communes à
ses principaux représentants, et par des circuits institutionnels assez
bien définis (le festival Automne de Varsovie en particulier), l’“école”
polonaise des années soixante a toujours été présentée
comme un groupe alors même qu’on percevait l’hétérogénéité
de ses membres pionniers. Un tel phénomène présente de
singulières analogies avec la montée en puissance des écoles
nationales du xixe siècle dans l’Europe musicale. Nous essaierons
de montrer comment la réception de la “nouvelle école polonaise”
réactive ou rejoue des mécanismes mis en place dans le contexte
du nationalisme au siècle précédent.
Pierre-Albert Castanet (Université
de Rouen) : “Les affaires culturelles de la France en 1968 : la part de
la musique”
La fin des années soixante et le début de la décennie suivante
ont traversé ce que Jean-Paul Aron a appelé “l’âge
écologique, troisième figure d’ascèse d’une
civilisation frigorifiée, la première consistant dans la narcose
des sentiments pour l’œuvre d’art […], la seconde […]
dans l’abdication par l’intellectuel de son confort de classe, la
dernière dans un refus du monde actuel à coups de musique et de
drogue, d’exil et d’ésotérisme communautaire”.
Suivant l’adage d’Eugène Ionesco, qui déclara fièrement
que “l’avant-garde, c’est la liberté”, la panoplie
de l’avant-gardiste soixante-huitard a alors contenu quelques artifices
infaillibles se rapportant à l’ordre moral, religieux, mais aussi
philosophique et socio-culturel. Quelle place institutionnelle fut dans ce contexte
celle de la musique ?
Brice Pauset, compositeur : “De la
technologie sans technique”
Il sera question de la signification, plutôt que des effets, de l’utilisation
dans le cadre de la musique des moyens technologiques les plus récents.
Ces moyens technologiques seront analysés non seulement en regard des
fonctionnalités (musicales entre autres) qu’ils promettent, mais
également en tant que phénomènes d’instanciation
de possibles résurgences archaïques (thématique du pouvoir,
mythologies…). Il sera utile enfin de discerner la part véritable
de la technique comme mode d’engendrement dans la matérialité
des instruments technologiques.
Table ronde conclusive.
Un ouvrage contenant les actes
de ce colloque et d'autres textes paraîtra
dans le courant du premier trimestre 2005.
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autour du livre Cinquante ans de modernité musicale : de Darmstadt à l’Ircam, direction Marianne Lyon et François Nicolas
. le 9 octobre 2003 de 10h à 20h - Cdmc
Ce colloque voudrait prendre mesure de ce vaste ouvrage embrassant
un demi-siècle de musique contemporaine, ouvrage dont le ton, le propos
comme l’ampleur sont singuliers :
- Son ton est singulier : celui d’un témoin déclaré
et direct, critique et engagé.
- Son propos ne l’est pas moins. Il est vertébré par cette
thèse originale, soutenue avec constance : la musique de l’après-guerre
se serait conformée à la prescription hégélienne
que le concept commande à l’oeuvre, que l’idée précède
le style...
- Son ampleur est inhabituelle : mille larges pages, rédigées
par un seul homme brossant ainsi le portrait de cinquante ans de vie musicale
; l’entreprise est sans précédent...
Que penser de cette méthode, de ses résultats et des problèmes que nous lègue cette véritable somme ?
Que penser d’abord de cette manière de retracer
l’histoire ?
- en témoin déclaré (manière pour le moins inhabituelle
en musicologie où le ton "objectivant" est plutôt de
rigueur) ?
- en traçant une trajectoire précise ("de Darmstadt à
l’Ircam") et cohérente : l’époque brossée
est dotée d’une colonne vertébrale qui gage la périodisation
et fournit la référence permettant de prendre mesure des divers
courants musicaux (par distance à cet axe principal et à son "noyau
permanent") ?
- en privilégiant une courbe chronologique sur une recension encyclopédique
(ici, pas de récollection se voulant neutre, a-hiérarchique et
totalisante) ?
Que penser ensuite de ce que cet ouvrage nous dit de l’histoire
récente de la musique contemporaine et, par là, de la situation
musicale actuelle ? Quelles tâches et responsabilités ce livre
lègue-t-il aux compositeurs, aux musiciens, aux musicologues ?
Ce qui rend possible cette histoire musicale, c’est la conviction circulant
dans ce livre que quelque chose est désormais clos : le sérialisme
ayant fait son temps, et tout son temps (le post-sérialisme n’ayant
été que la phase ultime saturant l’hypothèse sérielle
de l’intérieur d’elle-même), on peut désormais
- on doit désormais... - en faire l’histoire et le bilan critique.
Au total, cette somme se nourrit d’une concordance exceptionnelle
entre l’histoire personnelle de son auteur (il s’agit du monument
de toute une vie de musicologue, au coeur de la musique contemporaine) et l’histoire
d’une configuration musicale éminente (le sérialisme).
Tout ceci nécessite d’accueillir cet ouvrage avec une attention
toute particulière.
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Dans le cadre du Festival Max Deutsch
. le 22 novembre 2002 de 9h30 à 17h - Cdmc
Placé sous la présidence de Heinz-Klaus Metzger (Allemagne).
Intervenants : Eric Denut (musicologue, France), Winfried Schneider (journaliste,
Autriche), Gérard Condé (compositeur, critique, France),
Luis de Pablo (compositeur, Espagne), Albrecht Betz (musicologue, Allemagne).
Deux tables rondes : Max Deutsch dans l'histoire de la musique du xxe siècle
; Trente ans d'enseignement : l'héritage de Max Deutsch au travers de
ses élèves.
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